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Chaque conflit a
toujours été de tout
temps un moment
privilégié pour
faire surgir des
créations nouvelles
dans tous les
domaines, et ceci
dans des délais
extrêmement courts.
La bien triste
guerre civile
américaine qui fit
tant de morts nous
le prouve, avec
entre autres
l’apparition sur les
champs de bataille
d’un revolver à six
coups, dont le
barillet pouvait
être vidé en
quelques secondes,
par la simple
pression du doigt
sur la queue de
détente, sans être
obligé de réarmer le
chien à la main,
après chaque coup
tiré, comme sur les
Colt et les
Remington, déjà en
affectation depuis
un certain temps
dans les différents
corps de troupe des
Etats-Unis
d’Amérique.
La naissance d’Ebenezer
Starr:
Au matin du 16 août
1816, vint au monde
Ebenezer Starr dans
une famille d’hommes
d’affaires
spécialisés dans le
négoce et la
fabrication des
armes blanches,
ainsi que dans
celles des armes à
feu.
La famille Starr va
livrer à l’armée ses
premières armes
blanches au début de
1790, qui au cours
des ans vont se
chiffrer par
milliers ; il va
sans dire que ces
hommes sont
solidement implantés
auprès des plus
hautes autorités
militaires.
De plus, l’un
d’entre eux est
Nathan Starr, qui va
fabriquer et vendre
plus de 20.000
fusils à silex dans
une période qui
s’étalera de 1830 à
1845, il est entre
autres le père d’Ebenezer
!
Un petit stage dans
la marine US:
Après une scolarité
normale pour cette
époque, Ebenezer
Starr va rentrer
dans la marine
militaire à l’âge de
17 ans pour n’en
ressortir que quatre
ans plus tard en
1837. Au cours de
cette période il
fera de nombreux
voyages très
enrichissants : les
Indes le marqueront
beaucoup (dans le
bon sens).
Une idée qui hante
son esprit:
Après son retour,
ayant un goût très
prononcé pour
l’armurerie, il va
s’y plonger à corps
perdu. Cet homme a
une idée en tête, la
fabrication d’un
revolver à double
action pour l’armée.
Durant des années il
travailla sur son
projet qu’il ne
cessa d’améliorer en
l’affinant au
maximum. Le 15
janvier 1856, ces
efforts sont
récompensés par
l’obtention du
brevet n° 14.118 qui
protège son
invention, invention
de taille ! L’arme
en question était
une poivrière à
double action, le
brevet portait sur
deux améliorations
l’une sur le chien
et l’autre sur une
détente réglable,
qui à l’époque parut
fort compliquée par
son système.
Pour son inventeur
une seule chose
comptait, son
parfait
fonctionnement au
tir sans incident
majeur.
Les premiers Starr
pour la défense:
Suite à cet
encouragement,
Ebenezer Starr
continue son
ouvrage, avec au
font de lui l’envie
folle qui ne l’a
jamais quitté depuis
le tout début, doter
son pays d’une arme
de poing à double
action, et qui dit
double action, dit
tir extrêmement
rapide !
Aujourd’hui, il est
persuadé que grâce à
cette poivrière, il
n’est plus loin du
but recherché. Il ne
lui reste à trouver
que la forme, afin
que cette futur arme
ait un côté pratique
au combat, soit
fonctionnelle et
esthétique à l’œil,
le côté attractif
est très important,
lors des réunions de
commissions, et joue
toujours plus ou
moins en la faveur
de son constructeur.
Le premier déboire
du premier Starr:
Après un long et
difficile travail,
l’inventeur arrive à
créer un prototype
en calibre 36’’ à
double
action.
Nous sommes en 1858.
Afin d’y être testé
par un collège
d’experts en
armement militaire,
ce revolver est
envoyé à l’arsenal
de la marine de
Washington. Hélas
les choses ne vont
pas bien se passer,
la déception est
grande. Dès les
premiers essais,
notre arme refuse de
fonctionner d’une
manière normale, ce
qui n’arrive
pratiquement jamais,
arrive à ce
malheureux Starr !
La commission, au
lieu de le renvoyer
purement et
simplement dans ses
foyers lui et son
arme peu fiable,
vont donner à
Ebenezer une
deuxième chance. De
très nombreuses
recommandations lui
sont adressées pour
qu’il puisse
remédier aux
nombreuses carences.
L’arme en question
devra être revue et
corrigée avant
d’être
éventuellement
présentée de nouveau
au plus hautes
autorité militaire,
afin qu’elle puisse
décider une fois
pour toutes de leur
intérêt pour ce
revolver à double
action.
Je suis
personnellement
persuadé que la
notoriété de la
famille Starr dans
le domaine de
l’armement depuis
fort longtemps, a
permis à Ebenezer
d’être sorti in
extremis du
chaudrons du diable
par les cheveux.
Pour mémoire:
Il faut que je vous
dise que ce Starr ne
fonctionne
absolument pas comme
toutes les autres
armes construites à
cette époque (voir
le chapitre
avertissement en fin
d’article).
Cent fois sur le
métier remettez
votre ouvrage!
Ce vieil adage
s’applique à notre
technicien en
armurerie, cet échec
a été pour lui un
véritable stimulant.
Chaque pièce de
l’arme est revue et
corrigée. Jour après
jour il peaufine son
œuvre, il sait que
cette chance qui lui
a été donnée est la
dernière, il n’a pas
le droit à la
moindre erreur. Le
bon fonctionnement
de son système lors
d’une nouvelle
présentation auprès
d’une commission
militaire sera
décisive pour la
continuité de sa vie
professionnelle.
Après des mois
d’efforts, il est
enfin persuadé qu’il
est arrivé au
résultat final. Le
revolver Starr
double-action
fonctionne sans le
moindre problème, et
les tirs sont d’une
rapidité
fantastique. Au plus
profond de lui, il
sait qu’il a gagné,
il est impossible
qu’on lui refuse une
telle invention. La
supériorité sur Colt
et Remington est
subitement devenue
considérable, un bon
de géant vient
d’être fait. Dès
lors l’ancien
système à simple
action, fait figure
d’antiquité (mais
hélas comme je l’ai
souvent relaté, les
vieilles barbes des
ministères sont très
conservatrices,
indécrottables, face
aux nouvelles
inventions. Ils
aiment leurs
vieilles pétoires
d’un autre âge,
comme quelque chose
qui leur rappelle
leurs 20 ans !).
Le jour redouté et
tant attendu arrive:
Près d’une année
s’est écoulée depuis
la première
présentation de son
revolver. Ebenezer
est aujourd’hui de
nouveau sur le
grill, face à tous
ces gens qui vont
statuer sur le
bien-fondé de son
arme. Après de
nombreux essais qui
se passent on ne
peut mieux, le
revolver Starr vient
de conquérir et
d’impressionner
fortement les
représentants de la
Navy par la
surprenante rapidité
de son tir en
double-action. Cette
fois enfin, la
rencontre est plus
que cordiale. La
plupart des
inspecteur sont
détendus. D’après
certains dires de
l’époque, suite à
leur enthousiasme,
de nombreux membres
félicitèrent
chaleureusement
Ebenezer Starr pour
son travail qualifié
d’excellent.
Comme bien souvent,
dans une réunion où
figure de nombreuses
personnes pour
statuer sur quelque
chose, il y a
toujours trois
sortes d’individus,
ceux qui sont pour,
les sceptiques, et
enfin ceux qui sont
contre tout ce qui
est pour et pour
tout ce qui est
contre.
Pour écarter toute
polémique, la Navy
décide d’une
commande de 500
revolvers Starr
double action en
calibre 36 au prix
de 20 dollars
l’unité, afin de
leur faire subir de
nouveaux essais.
Mais cette fois
d’une manière
intensive.
Ebenezer est obligé
de palier à une
grosse difficulté:
La commande des 500
revolvers pour la
Navy le rend très
heureux, mais il y a
un problème de
taille, il ne
possède que des
locaux trop exigus,
dans lequel il est
absolument
impensable
d’envisager la mise
en œuvre d’une telle
commande, et de plus
il ne roule pas sur
l’or.
Comme je vous l’ai
dit un peu plus
haut, la famille
Starr, avec son
passé industriel
d’une grande
renommée nationale,
n’eut pas la moindre
difficulté à
remédier à cet
handicap. On lui
trouva très
rapidement des
hommes d’affaires
pour le financement
de toute
l’opération. En
échange de quoi, il
cédait son brevet à
ses financiers, qui
eux s’engageaient en
échange à lui verser
une somme rondelette
à vie, sur chaque
arme vendue. C’est
ainsi que fut créé
la « STARR ARMS
COMPANY », don,t le
siège social fut
établi à New-York.
Au sein de l’usine
nouvellement créée,
Starr va occuper les
fonctions de
directeur technique,
le directeur en chef
étant un certain H.
Woolcott, et M Clapp
qui cumulait le
poste de directeur
adjoint ainsi que
celui de trésorier
général.
En décembre 1860, un
autre brevet est
donné à la Cie pour
protéger ce que je
pense être les plus
importantes
modifications
apportées au
revolver de 1856.
Ces modifications
étaient les
suivantes :
1°) une carcasse
fermée
2°) ouverture de
ladite carcasse par
simple démontage
d’un axe moleté,
situé du côté droit
qui une fois retiré
permettait au canon
de basculer vers
l’avant, libérant de
son logement le
barillet (ce système
de démontage est
d’une très grande
simplicité)
Des contretemps
fâcheux:
La fabrication de la
commande de la Navy
fut enfin terminée
par la Starr Arms
Company qui
sollicita les
bureaux de
l’Armement, afin
qu’on lui envoie un
inspecteur pour
vérification des 500
armes de la commande
de 1858. Un certain
John Taylor est
délégué auprès de
cette entreprise
pour effectuer ce
travail. Son rapport
fut fait le 15
décembre 1860.
Au sujet de ce
rapport plane
aujourd’hui un
certain doute quant
à la réalité des
faits qui furent
relatés à cette
époque. Je possède
deux versions qu’il
ne m’a pas été
possible de vérifier
à ce jour avec
exactitude. Je vous
relate donc les deux
interprétations de
cette histoire.
1°) John Taylor
prétend que selon
lui, les Starr en
calibre 36’’ à
double action sont
des armes très
dangereuses suite à
l’emploi de mauvais
aciers pour leur
fabrication. Dans
l’usine où ils
furent construits,
Taylor procéda à des
essais qui se
soldèrent par
l’explosion de
plusieurs de ces
revolver, leur
causant grand
dommage. Ce lot
d’armes fut bloqué
momentanément. A la
déclaration de la
guerre de sécession,
les 500 revolver
furent affectés à la
Navy nordiste, suite
à un revirement de
situation!
2°) John Taylor,
dans son rapport du
15 décembre 1860,
estimait que ces
armes ne pourrait
pas supporter une
charge d’épreuve de
25 grains, pas moins
qu’une charge
normale de 20 grains
en usage prolongée.
Il n’a donc pas été
pratiqué de tests de
sécurité, pourquoi ?
Il a peut-être
attendu des ordres
d’autorité
supérieures. Taylor
s’étonna même
qu’aucun essai ne
fut pratiqué avant
son arrivée à
l’usine. De plus il
constata qu’un
millier de revolvers
avaient été produit
sans le moindre
contrôle. Il n’y eut
pas la moindre
épreuve pour
s’assurer de leur
bonne tenue au tir,
et rien ne fut fait
jusqu’à la
déclaration de la
guerre. En 1861, les
500 double action
Starr calibre 36’’
sont livrés à la
Navy nordiste, comme
je vous l’ai dit un
peu plus haut, et un
nouvel achat fut
commandé encore de
1250 armes à la fin
de 1861.
De
plus, il paraîtrait
d’après d’autres
sources, qu’à
l’arsenal de
New-York fin 1861,
qu’entre 50 et 60
revolvers Starr
calibre 30’’ furent
essayés par des
officiers de marine
qui les trouvèrent
formidables à tout
point de vue. Ils en
firent même la
promotion auprès des
hautes autorités
maritimes, mais en
finalité l’affaire
en resta là.
Pour conclure ce
petit différent, je
suis certain qu’il
ne s’agit que
d’erreur s
d’historiens.
Connaissant le
pragmatisme des
Américains, il me
semble impensable
qu’ils aient mis en
péril la sécurité de
leurs soldats d’une
manière délibérée et
ceci malgré le grand
besoin d’armes en ce
début conflictuel.
Production de
l’usine Starr:
D’après certaines
archives de l’armée,
la production des
revolvers calibre
36’’ double action,
fut de 3000 environ,
de 1859 à l’année
1861 incluse.
Environ 2000 furent
achetés par la Navy,
les autres furent
absorbées par le
marché civil !
Beaucoup d’armes
(revolvers) étaient
à cette époque en
calibre 44’’, aussi
l’usine Starr mit
elle au point une
arme identique au 36
double action, mais
en calibre 44. Ce
nouveau venu se
comporta
magnifiquement aux
essais, il n’y eut
pas le moindre
problème. Proposé à
la Navy, cette
dernière très
attachée au calibre
36 refusa l’offre
purement et
simplement. Notre
infatigable Ebenezer
et son équipe n’en
restèrent pas là.
Cette nouvelle
création en 44 avait
été étudiée non pas
tellement pour la
marine mais surtout
avec le secret
espoir de décrocher
le marché total de
l’Army. Ebenezer
savait très bien que
son double action
ultra-moderne était
quoi qu’on en dise
d’une très grande
supériorité face aux
Colts et autres
Remington simple
action, devenu en
quelques mois de
véritables
antiquités. Une page
dans l’histoire des
armes venait d’être
tournée à tout
jamais, et comme à
l’habitude le
progrès avait fait
son œuvre, toujours
au détriment d’autre
chose (pour survivre
il n’y a qu’une
seule manière,
savoir s’adapter le
plus vite possible à
la situation). Dans
la longue saga de
l’armement, que de
drames eurent lieu
au cours des années
et qui hélas
auraient pu être
évités. Les exemples
sont multiples, de
peuples qui
refusèrent la marge
du progrès, soit par
manque d’argent, ou
tout simplement par
l’indifférence ou
l’incompétence de
leurs gouvernants.
En 1861, une
proposition fut
faite par le conseil
d’administration de
l’usine Starr auprès
du bureau des
affaires militaires
de l’armement ; elle
portait sur 12.000
double action
calibre 44. Ce
marché accepté, il
passa à 20.000 en
janvier 1862.
Finalement, après
moult difficultés
consécutives à des
problèmes de
fabrication liés à
l’obligation d’une
interchangeabilité
de toutes les pièces
composant ces armes,
cette astreinte
imposée par Mr
Ripley, qui n’était
autre que le patron
de l’intendance de
l’Army. Par
obligation, cet
imprévu donna un
énorme surcroît de
travail aux 250
ouvriers de l’usine
Starr qui
travaillaient déjà à
un rythme plus
qu’accéléré sur les
revolvers double
action en calibre
36. De plus, pour se
conformer aux ordres
de Mr Ripley
concernant les 44
double action,
certaines
machines-outils
durent être
transformées et
d’autres purement et
simplement
fabriquées de toute
pièces. Il est bien
évident que tout ce
remaniement
contribua à
provoquer un retard
dans les délais de
livraison
initialement prévu
entre les parties.
Ripley se rendant
compte de
l’impossibilité
d’être livré en
temps et en heure
fit descendre le
nombre de la
commande de 15.000
44 au lieu des
20.000 initialement
prévus. Il profita
de la situation, des
difficultés
terribles que
traversait
l’entreprise pour
faire descendre le
prix de chaque arme
qui passa de 25
dollars à 20
dollars.
Au début de 1862,
les premiers 44
double action sont
livrés puis essayés.
Ces tests
s’avèreront très
bons. Il n’y eut pas
le moindre problème.
Suite à ces
contrôles positifs,
d’autres 44 furent
commandés.
D’après les archives
de l’armée
américaine, 23.000
44 double action
furent fabriqués de
décembre 1861 au 15
mai 1863 , dont
21.000 pour le
gouvernement. Ces
chiffres peuvent
être contestés, il
est très difficiles
d’obtenir une
comptabilité exacte
dans ce domaine,
surtout en cette
période plus que
trouble que furent
les années de la
guerre de sécession.
De très nombreuses
archives ont disparu
purement et
simplement pour des
raisons diverses.
Un manque de
confiance total en
cette arme?!
Après de nombreuses
enquêtes qui furent
menées auprès des
utilisateurs de ces
revolvers, entre
autres dans de
nombreuses unités de
cavalerie, pour
savoir ce qu’en
pensait la troupe.
La réponse fut
immuablement la même
à près de 100%, pas
la moindre confiance
dans sa solidité
dans le temps, cette
arme leur paraissait
beaucoup trop
fragile, beaucoup
trop sophistiquée et
compliquée. Cette
opinion, pour des
raisons non fondées,
s’était répandue
dans toute l’armée
comme une véritable
traînée de poudre.
Cette crainte dura
tout au long de la
guerre et même
après.
A la fin du conflit,
beaucoup de ces
armes furent
entreposées dans des
magasins militaires
de très nombreux
états.
Le gouvernement
vendit ces revolvers
Starr en calibre 36
et 44. Cette vente
s’échelonna de 1865
à 1901.
Fin de la STARR ARMS
COMPANY:
Suite à la fin de la
guerre civile, par
manque de commandes,
la Starr Arms
Company fut mis en
liquidation
judiciaire au cours
de l’année 1867,
puis l’usine fut
vendue peu de temps
après.
Ebenezer Starr,
malgré toute ces
vicissitudes de la
vie, ne se laissa
pas abattre, il
continua à
travailler sur de
nouveau projets,
améliorant toujours
ses armes pour les
faire progresser.
Je pense que cet
homme, trop en
avance sur son
temps, fut mal
compris, de plus son
invention
bouleversait des
idées trop ancrées
telles que les
systèmes Colt et
Remington à simple
action.
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- - - - - - - - - -
Nous sommes
aujourd’hui en 2007.
Voilà 147 ans qui
nous séparent du
modèle 1858 Starr
double action. Qui
aurait pu croire,
après ce long
sommeil, qu’ils
reviennent de
nouveau sur le
marché civil, à
l’échelle mondiale.
Un fabricant italien
a remis en route la
fabrication à
l’identique de cette
très belle arme en
calibre 44 très
connu aux Etats-Unis
mais peu en Europe.
Le Starr 44 1858
double action de
l’armurier italien
F. LLI PIETTA
La refabrication du
Starr 1858 est une
heureuse initiative
qui apporte du sang
neuf, nous
permettant en fin de
sortir des Colt et
des Remington revus
à toutes les sauces
depuis plus de 30
ans.
(un éclaté du
constructeur italien
figure dans cet
article. Chaque
pièce a un numéro
qui correspond au
nom des éléments
composant ce
revolver.)
Le spécimen qui m’a
été confié par Magex
est absolument
superbe. Le bronzage
noir brillant très
profond est
irréprochable, il
recouvre un
polissage parfait de
la totalité de
toutes les pièces
visibles
extérieurement. Le
bois de la crosse
est travaillées dans
un beau noyer, dont
la finition huilée
est du plus bel
effet, apportant à
l’ensemble la touche
finale qui vous
donne l’envie de le
posséder.
Une petite
description de notre
Starr 1858 de chez
Pietta:
Il est d’une forme
très différente,
comme son ancêtre,
des revolver de son
époque (voir photo),
il est impossible de
le confondre.
Au premier coup
d’œil, cette arme,
malgré tout ce qui a
été dit en sa
défaveur, donne une
impression de
robustesse ; il s’en
dégage comme une
sorte de grande
sécurité !
Une des premières
choses a expliquer
est le démontage du
barillet, qui est
absolument
spécifique à ce type
de revolver. Notre
spécimen à carcasse
fermée peu s’ouvrir
très facilement en
dévissant le gros
axe d’union des
bascules n°36. Une
fois cet axe moleté
sorti de son
logement par la
droite, il ne suffit
plus qu’à appuyer
sur le canon
énergiquement avec
la main droite pour
le faire plonger en
avant, ce qui libère
immédiatement le
barillet. Cette
opération
s’effectue, l’arme
tenue par la crosse
dans la main gauche.
Ce dit barillet n°3
est très différent
de ceux qui équipent
les autres revolvers
du moment. Son
rochet, ou étoile de
barillet n°5, est
une pièce usinée à
part, rapportée au
cylindre, elle y est
fixée par une forte
vis que je vous
déconseille
fortement de
retirer. La fonction
de ce rochet
surdimensionné est
d’assurer un
verrouillage arrière
dans les encoches à
l’aplomb des
cheminées, il vient
s’emboîter
parfaitement dans le
bâti de l’arme.
Des photos
illustrant cet
article vous
apporteront un gros
« plus » à mes
explications
techniques, pas
toujours évidentes
pour un néophyte.
Le
barillet est fixé à
l’avant par un axe
court, qui fait
corps avec ce
dernier , il se
termine de manière
légèrement
tronconique et vient
se loger le plus
simplement du monde
dans l’ensemble que
forme la bascule
supérieure n°1 et le
canon n°25.
Puisque nous sommes
dans le démontage,
pourquoi ne pas
continuer:
Dissociation de
l’ensemble bascule
supérieure n°1 et
canon n°25 de la
bascule inférieure
n°2 :
1°) dévisser la vis
n°39, la retirer de
son logement.
2°) il ne reste plus
qu’à tirer sur le
canon pour
désassembler les
deux blocs.
Les démontages que
je viens de vous
expliquer ne vous
poseront pas le
moindre problème.
Ce petit travail
terminé, nous nous
trouvons avec trois
ensembles (voir
photo).
Pour avoir accès à
la bascule
inférieure n°2, il
vous suffit de
retirer la poignée
de crosse n°11 en
dévissant la longue
vis n°41 ainsi que
les deux vis n°40
situées dans la
carcasse, l’une
d’entre elles
traverse l’arrière
du pontet. Il ne
reste plus qu’à
extraire le bois
n°11 et l’armature
de crosse n°10.
Vous avez enfin sous
les yeux une vue
complète d’une bonne
partie du mécanisme.
La conception du
Starr 1858 peut
effrayer:
Pour un habitué des
Colt et des
Remington, voyant
pour la première
fois l’intérieur de
la « bête », il y a
de fortes chances
d’éprouver une sorte
de déstabilisation,
tant les pièces
paraissent
nombreuses. Mais
attention, pas de
panique, et surtout
pas de précipitation
pour continuer le
démontage. Je vous
demande avant toute
chose de bien
visualiser les
moindres composants
de notre
double-action. Une
fois de plus
l’éclaté sera un
précieux guide pour
les manipulation
futures. Deux pièces
principales restent
à retirer. La vis de
fixation du ressort
de chien n°31 (le
dit chien doit être
à l’abattu), puis le
ressort du chien
n°20 et enfin, le
pontet n°6 qui
nécessite
l’extraction de sa
vis n°34.
A ce stade nous nous
trouvons
pratiquement avec
une arme connue. Il
ne reste que des
petits éléments très
faciles à démonter.
Pour pratique le
sport du démontage
et du remontage, il
vous faut
d’excellents
tournevis afin de ne
pas abîmer les
fentes de toute la
visserie. Disposer
d’une table sans
autre chose que
l’arme en question,
de petites boîtes
dans lesquelles vous
pourrez y mettre les
vis et leurs pièces
correspondantes,
avec des repaires
afin de ne pas tout
mélanger. Ce mode de
travail est
impératif pour
éviter bien des
déboires.
Surtout que cette «
recette de cuisine »
ne vous décourage
pas.
Personnellement, mon
coup d’essai s’est
passé simplement
ainsi que le
remontage, tout est
question de méthode
! Encore un conseil,
ne jamais forcer sur
des pièces qui
refusent de
reprendre leur
place, cet état de
fait est une sorte
de signal qui vous
indique que votre
manipulation n’est
pas la bonne. Après
un premier démontage
et un premier
remontage, ceux qui
suivront dans le
temps vous
paraîtront un jeu
d’enfant.
Concernant le
revolver Starr,
Avertissement du
constructeur italien
F. Pietta:
Sur ce revolver,
n’essayez jamais
d’armer le chien
manuellement, sinon
attention à la
casse. Lisez d’abord
les instructions et
recommandations
suivantes .
Le revolver Starr
1858, comme je vous
l’ai déjà dit plus
haut, ne ressemble à
aucun de tous les
autres revolvers à
poudre noire jamais
fabriqués.
Veuillez lire et
comprendre les
fonctions, les
caractéristiques, et
les divers
opérations avant de
manier, de charger
ou de tirer avec ce
revolver.
Caractéristiques
principales:
1°) vis de blocage
des bascules. Il
s’agit d’une
goupille moletée
logée sur le côté
supérieur droit du
bâti, une fois
dévissée et retirée,
le barillet peut
être enlevé
facilement et
rapidement
2°) ressort de
détente : ce petit
ressort n°22, logé
derrière la détente
principale, est
employé pour changer
le fonctionnement de
« double action » à
« simple action ».
Vers le haut «
double action »,
vers le bas « simple
action »
3°) la détente
secondaire n°7,
logée derrière le
pontet. Cette
détente actionne
l’arme lorsqu’elle
se trouve sur le
système « simple
action »
Système « double
action »
Lorsque le revolver
Starr est employé
dans le système «
double action », la
détente principale
21 effectuera toutes
les fonctions, et
l’arme fera feu,
simplement en
pressant la détente
complètement en
arrière.
Système « simple
action »
Si vous pressez la
détente principale
sur le système «
simple action », le
chien est armé et le
barillet tournera en
se positionnant
d’une panière
normale pour le tir.
Pour faire partir le
coup, appuyer sur la
détente secondaire
n°7.
Recommandation:
Le revolver Starr ne
peut pas être armé
manuellement par le
chien, il ne peut
l’être que par la
détente et
exclusivement par
celle-ci. Je vous
l’ai déjà dit un peu
plus haut.
Position de sûreté
(ou de repos):
Cette opération a
pour but le
débrayage du
cylindre afin qu’il
puisse tourner
librement.
Pour cette
manipulation, tirer
le chien en arrière
d’environ 3 mm, vous
allez entendre un
léger « clic » .
Puis, dans cette
position, en
appuyant légèrement
sur les deux
détentes, le
barillet doit
pouvoir tourner en
roue libre dans le
sens horaire.
Nota : lorsque vous
faites tourner le
barillet pour le
chargement, ou le
placement des
amorces, pressez
légèrement la
détente, pour
baisser la came
arrêtoire du
barillet afin de ne
pas rayer ledit
barillet.
Le chargement:
Pour charger notre
arme, procédez pour
faire tourner le
barillet comme
indiqué ci-dessus.
La balle ronde de
454 conseillée par
le constructeur
rentre parfaitement
bien dans les six
chambres du
cylindre. Seul le
tir nous donnera
tort ou raison pour
ce choix.
Ce premier
chargement est
effectué avec de la
PN T2 à raison de
1,20 gr plus une
petite dose de
couscous fin entre
balle et poudre.
Pour cette opération
le chien a été mis
au cran de repos,
comme l’indique le
manuel pour libérer
la rotation du
barillet, mais que
nenni ! je suis dans
l’obligation, pour
arriver à mes fins,
de donner de petits
coups de doigt sur
la détente
principale pour un
résultat plus que
moyen. Par contre,
l’introduction des
projectiles se passe
fort bien, le
bourroir, ou piston,
remplit parfaitement
sa fonction. Les
cheminées d’origine
ne sont pas assez
longues, la mise en
place des amorces
nécessite des «
doigts de fée ».
Pour remédier à
cela, je me suis
trouvé dans
l’obligation
d’employer des
cheminées un peu
plus longues.
Notre arme au tir!
La C50 est à 25m,
l’arme tenue à deux
mains. Je tire en
double action mes 6
coups le plus
rapidement possible.
Je suis stupéfié par
la rapidité des
départs et du
résultat. Toutes mes
balles sont dans le
carton, il y en a un
peu partout, mais
pour un tir de «
combat » à 25m, je
trouve cela plus
qu’encourageant et
sur ma lancée je
récidive, et obtient
pratiquement la même
chose, mais je n’ai
que 5 balles dans le
carton.
Lors de ces deux
essais en tir
rapide, je n’ai pas
eu le moindre
incident. L’arme se
comporte
pratiquement comme
une arme moderne
avec malgré tout un
recul plus doux. Le
poids de la détente
n’est pas excessif
pour un revolver de
guerre.
Après cette petite
récréation, je vais
tester le tir en
précision, toujours
à 25m, sur C50, avec
la même charge et la
même balle.
Les organes de visée
du Starr sont très
simples, un guidon
monté sur queue
d’aronde,
Et sur l’enclume du
chien une fente en «
V ».
J’aligne du mieux
possible mon tir et
fais feu à 6h au ras
du noir et du blanc
et ceci par six
fois. J’ai trois
balles dans le noir
pas groupées du tout
et trois balles dans
le blanc autour du
noir.
Pour un nouvel
essai, je diminue ma
charge de PN T2 en
la passant de 1,20
gr à 1 gr, toujours
avec mon
interposition de
couscous fin. Il va
de soi que pour tous
les tirs, les
chambres une fois
chargées ont été
obturées au suif,
pour lubrifier notre
canon à sept
rayures, et éviter
d’éventuels départs
en chaîne.
Avec cette charge
diminuée, mon tir au
coup par coup est
plus qu’acceptable,
toutes mes balles
sont dans le noir.
Tout au long des
essais, les
résultats ont été
pratiquement
semblables, je
souligne que je n’ai
pas eu le moindre
incident !
Je considère que ce
grand vieillard fait
toujours la blague
et pourrait en
remontrer à
beaucoup. Je suis
certain qu’avec une
certaine pratique,
les scores doivent
être très améliorés.
Pour conclure:
Je ne comprend pas
qu’un aussi beau
revolver est
quelques problèmes
de fabrication très
ennuyeux pour
l’utilisateur,
problèmes qui
pourraient j’en suis
persuadé être revus
et corrigés par le
fabricant.
1°) vis d’union de
bascule très
difficile à démonter
et à remonter
2°) grosse
difficulté avec la
mise en roue libre
du barillet pour son
chargement et autre
manipulation
Hélas je ne suis pas
le seul à avoir
rencontré ce genre
d’ennui.
Je compte sur la
maison Pietta pour
qu’elle remédie à
ces petits
problèmes. Votre
superbe arme en vaut
vraiment la peine.
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