Ce fusil est du
au génial armurier
Frédéric Vetterli
(1828-1882),
originaire de
WAGENHAUSEN dans le
canton de THURGOVIE.
Ce jeune homme fait
ses débuts
d’apprentissage chez
un armurier de
Schaffhouse. Il
décide d’aller à
Paris et à la
manufacture d’armes
de Saint Etienne,
ainsi qu’à Londres,
pour parfaire ses
connaissances.
Sollicité par la
société industrielle
suisse de Neuhusen,
il prendra ses
fonctions le 24 juin
1864 en qualité de
directeur en second
du département
armement de cette
société.
Il est évident que
Frédéric Vetterli
s’inspira du système
Winchester pour la
création de ses
fusils. Mais, passé
du levier de
sous-garde, que les
militaires n’aiment
absolument pas, à la
traditionnelle
culasse pour la même
fonction, n’a pas
été chose facile. De
plus, par cette
conception, l’arme
est beaucoup plus
robuste et peut
tirer des munitions
très supérieures à
celles des
Winchester.
Le premier Vetterli
modèle 1867 est déjà
à 12 coups dans le
même calibre que
l’arme que nous
allons traiter dans
cet article.
Un calendrier de
production est mis
au point hélas comme
bien couvent pour
des raisons
administratives,
techniques et
politiques, il va y
avoir un très gros
retard à la
production, 60
exemplaires
seulement sont
livrés fin mai 1870,
un an après l’armée
ne disposera que de
12.531 fusils et aux
alentours de la fin
mars 1872 que de
48.368.
Pour la petite
histoire:
-
Par ordre
chronologique,
voilà
l’évolution des
fusils et
mousquetons
Vetterli suisses
à répétition
-
Fusil
d’infanterie
Vetterli modèle
1867
-
Fusil
d’infanterie
Vetterli modèle
1869
-
Fusil de police
Vetterli modèle
1870
-
Fusil
d’infanterie
Vetterli modèle
1871
-
Mousqueton de
cavalerie
Vetterli modèle
1871 type I
-
Mousqueton de
cavalerie
Vetterli modèle
1871 type II
-
Mousqueton de
garde-frontière
Vetterli modèle
1869/71
-
Fusil de cadet
Vetterli
monocoup modèle
1971
-
Fusil
d’infanterie
Vetterli modèle
1878
-
Mousqueton de
cavalerie
Vetterli modèle
1878
-
Mousqueton de
garde-frontière
modèle 1878
-
Fusil
d’infanterie
modèle 1881
L’armement militaire
dans certains pays
d’Europe à l’époque
du Vetterli 1878:
-La France:
Elle n’a que le
fusil gras modèle
1874 calibre 11mm à
1 coups pour toute
l’armée de terre.
La marine décide,
pour elle seule,
l’adoption d’une
arme à répétition,
le fusil Cropatschek
modèle 1878 en
calibre 11mm. Ces
fusils ont la même
cartouche que le
fusil gras cité
ci-dessus.
-L’Allemagne:
Elle n’a que le
fusil Mauser modèle
1871 à un coup en
calibre 11mm Mauser.
Cartouche à
percussion centrale
comme les fusils
français.
-L’Italie:
Le fusil des armées
est un Vetterli
modèle 1870 à un
coup en calibre
10,35 mm à cartouche
à percussion
centrlae. Ce fusil
Vetterli a une
conception
légèrement
différente de celle
du Vetterli suisse.
-L’Angleterre:
Le fusil est le
Martini-Henry
mococoup. La
cartouche de calibre
577/450 est d’une
très grande
puissance. Elle a
été l’arme de
beaucoup de
conquêtes coloniales
britanniques.
Caractéristiques
du modèle
Vetterli
1878:
Désignation
: fusil
d’infanterie
Pays
d’origine :
Suisse
Le système :
culasse
mobile à
verrou à
répétition
manuel
Le Calibre :
10,4 mm
(10,5 x 38
R)
Diamètre de
l’alésage de
mon fusil
qui fait
l’objet de
cet article
: 10,4 mm
Nombre de
rayures : 4
Capacitié :
12
cartouches
dans le
magasins + 1
dans la
chambre
Percussion :
annulaire en
deux points
Longueur du
canon : 854
mm
Longueur
totale :
1326 mm
Hausse :
très
importante,
à quadran.
Le montage
sur le canon
est à queue
d’aronde.
Graduation
de la hausse
: de 50 en
50 m, de 250
à 1200 m
Guidon :
petit bloc à
lame, le
tout
rapporté au
canon par
brasure
La crosse :
droite en
noyer avec
une plaque
de couche en
fer cintré
Le fût :
long en
noyer avec
l’incorporation
du magasin
tubulaire et
fixation du
bois au
canon par
une clavette
se trouvant
à l’arrière,
au centre
par une
grenadière
en fer et à
l’avant par
un
embouchoir
en fer avec
le tenon de
baïonnette à
droite
Poids du
fusil :
4,600 kg
Numéro de
série du
specimen :
182 563
Date de la
production :
décision du
conseil
fédéral du
30 avril
1878
Toute l’arme
est bronzée
noir
brillant,
canon,
garniture,
boîte de
culasse et
plaque de
couche
Marquage du
specimen sur
la gauche du
canon : 182
563
Marquage du
specimen sur
la gauche du
boîtier de
culasse :
+
Waffenfabrik
Bern
182 563
M 78
La
baïonnette a
une lame
polie droite
à scie et à
gouttière de
480 mm,
d’une
longueur
totale de
600 mm. Le
fourreau est
en cuir noir
pressé avec
gouttière de
chaque côté
pour faire
raidisseur. |
Système
d’alimentation et
fonctionnement:
Culasse fermée, les
cartouches sont
introduites dans le
magasin tubulaire
situé sous le canon
par l’ouverture côté
droit du boîtier de
culasse.
Pour alimenter
l’arme, ouvrir la
culasse puis la
tirer d’un petit
coup sec en arrière
pour faire monter le
transporteur ave la
cartouche, il ne
reste plus qu’à
pousser la culasse
en avant pour
introduire la
munition dans la
chambre avec un
petit coup sec pour
faire redescendre le
transporteur, fermer
la culasse, le fusil
est prêt à faire
feu. Une fois le
coup tiré, ouvrir la
culasse, en extraire
et éjecter la
douille, puis pour
réintroduire une
nouvelle
cartouche
dans la chambre il
n’y a plus qu’à
reproduire la
manœuvre citée
ci-dessus et ainsi
de suite.
Pour conserver une
réserve de
cartouches dans le
magasin, et tirer au
coup par coup, rien
n’est plus facile.
Ouvrir la culasse en
prenant soin de ne
pas faire monter le
transporteur,
introduire à la
main, une cartouche
dans la chambre,
verrouillage de la
culasse mobile,
notre fusil est de
nouveau prêt à faire
feu.
Sur la photo, on
distingue la pièce
en « L » qui fait
monter et descendre
le transporteur de
cartouches par
l’intermédiaire du
va et vient de la
fonction de la
culasse.
Cette pièce en « L »
est la clé de l’inventin
des fusils à
répétition de
Frédéric Vetterli.
|

Cartouches d'époque, de gauche à droit:
Suisse à percussion annulaire, Française à percussion centrale, Autrichienne à percussion centrale
|
|
|
La munition du 1878:
Tout au long de
l’évolution des
différents modèles,
la forme de la
cartouche restera la
même ainsi que son
calibre. Seule
l’alliage des ogives
changera légèrement
ainsi que les
poudres noires. La
1878 a une balle en
plomb durci de 20 gr
avec un calepin
papier. La charge
est de 3,65 gr de
poudre noire n°4, à
ne pas confondre
avec notre PNT4
moderne. La vitesse
du projectile est
d’environ 435 m/s.
La 1878 au tir avec
la cartouche à
percussion
annulaire:
Voilà plusieurs
décennies, j’eus
l’occasion de tirer
avec deux de ces
fusils, avec la
munition d’origine
dans leurs pays
d’origine.
A 200 m le résultat
avait été
extrêmement bon.
Après cette
expérience je
m’étais promis qu’un
jour je ferais
l’acquisition s’il
m’en était permis
d’un de ces très
beaux fusils.
Aujourd’hui j’en
possède une paire.
Depuis la cartouche
du Vetterli à
percussion annulaire
a complètement
disparu du marché
mondial ainsi que la
cartouche beaucoup
plus tardive à
percussion centrale.
Pour faire revivre
ces fusils, il n’y a
qu’une solution si
l’arme est à
percussion annulaire
:
1°) il faut
impérativement
transformer la
culasse mobile en
percussion centrale.
2°) la refabrication
d’une cartouche à
percussion centrale,
la cartouche à
percussion annulaire
étant absolument
exclue!
Pour transformer la
culasse du Vetterli
pour le tir d’une
cartouche à
percussion centrale:
Ce travail est
relativement simple,
mais il demande
l’intervention d’un
spécialiste.
1°) démontage du
percuteur annulaire
double, en forme de
fourche à deux
dents.
2°) perçage de la
tige du percuteur
annulaire pour y
fixer en son
extrémité un
percuteur central ;
3°) perçage de
l’extrémité avant de
la culasse pour le
passage du percuteur
central.
Au cours des ans
nous avons constaté
que de nombreux
fusils Vetterli
avaient été
transformés pour le
tir des cartouches à
percussion centrale.
Fabrication de la
cartouche à
percussion centrale
10,5 x 38 R avec une
douille de 348
winchester:
La première chose
que je recommande
est de faire prendre
par un armurier
l’empreinte de la
chambre et celle de
l’intérieur de l’âme
du canon de votre
arme. D’un fusil à
l’autre, les côtes
peuvent changer très
légèrement, surtout
celles des chambres.
Je vais donc me
contenter de tacher
de vous expliquer du
mieux possible ma
manière de procéder
pour la fabrication
de la cartouche que
je tire dans mon
propre fusil modèle
78. A vous après de
peaufiner le
travail. Comme l’a
dit bien souvent
René Malfatti dans
ses manuels de
rechargement : « On
a les cartouches que
l’on mérite ». Pour
arriver à un
résultat
satisfaisant, la
patience est
absolument de
rigueur et la bonne
mise en œuvre de
l’outillage est
primordial.
Personnellement je
possède du matériel
10,4 Vetterli des
Ets LYNX HR présenté
en coffret de trois
outils plus le
support de douille.
Mon moule à balle
est du même
fabricant. Le
projectile à la
sortie de ce moule
est donné pour 10
,65 mm, son poids
est de 17,68 gr héla
plus question de
trouver ce matériel
dans le commerce,
les Ets LYNX ayant
fermé
définitivement.
A ma connaissance la
maison LYMAN, RCBS,
HORNADY, etc. ne
fabriquent pas
d’outil pour ce
calibre.
Après renseignements
pris par mes coins,
la Sté LE HUISSARD à
La Tour du Pin
devrait recevoir des
Etats-Unis des jeux
d’outils de
fabrication
artisanale en 10,4
mm dans deux ou
trois mois. Restons
optimistes!
Mais revenons à
notre cartouche.
Je
prends une douille
de 348 Winchester
que je coupe à 1 mm
au-dessus du départ
de l’épaulement.
Avec des écarteurs (expendeurs)
de ma fabrication,
j’ouvre ainsi l’étui
afin de le mettre
droit. Je calibre la
douille pour me
rapprocher au plus
près de celle
d’origine, elle ne
prendra sa forme
définitive qu’après
une séance de « fire
forming » (formage
par le feu), ce qui
a pour effet
d’exercer une
pression interne
qui, en plaquant
l’étui contre les
parois de la
chambre, va donner à
cette douille ses
dimensions
définitives.
Pour le premier
calibrage de la
nouvelle douille, il
est impératif de la
graisser très peu
pour éviter le
plissement du métal.
Enfoncer l’étui de 1
mm dans l’outil,
puis remonter
l’outil et le
redescendre de 1mm
en tournant la
douille de ¼ de tour
entre chaque
pression sur le
levier de la presse.
Ne pas oublier un
petit coup de
graisse très léger
avec le pouce et
l’index surtout sur
la base du collet et
ainsi de suite. Ce
travail est long!
Une fois fini il ne
reste plus qu’a
remettre à la
douille à longueur
(40,5 mm) et
l’évasement du
collet à son bon
diamètre pour
pouvoir y siéger la
balle, puis il ne
reste plus qu’à
procéder à un essai
de chambrage de cet
étui nouvellement
créé, et enfin la
séance d’amorçage
peut avoir lieu.
Pour le deuxième
rechargement de la
douille qui a été
préalablement
reformé, il ne
restera qu’à
recalibrer le collet
de ladite douille.
La balle en plomb
durci de 272 grains
(17,65 gr) viendra
coiffer 3,65 gr de
poudre noire PNF2.
La vitesse du
projectile sera de
l’ordre de 390 à 400
m/s.
La balle devra être
enduite au pinceau
de deux couches d’alox
pour qu’elle soit
bien lubrifiée.
Démontage sommaire
de l’arme pour
l’entretien:
Opération n°1 : la
culasse mobile de
l’arme doit être
fermée avec le
ressort du percuteur
détendu. Dévisser le
bouchon moleté,
retirer le capotage
du ressort ainsi que
le ressort, puis le
percuteur, pour
extraire ce dernier,
appuyer sur la
détente en le tirant
en arrière, ouvrir
la culasse. Pour la
retirer du fusil, il
faudra dévisser
l’unique vis située
en bas à droite et à
|

Culasse
démontée,
équipée
du
percuteur
à
percussion
centrale |
|
l’arrière du boîtier
de culasse pour
désolidariser de
l’arme le mécanisme
élévateur avec son
système de
fonctionnement. Sans
le démontage de ces
dernières pièces, il
n’est pas possible
de sortir la culasse
du fusil. Pousser la
petite clavette de
droite à gauche
située sur le dessus
du boîtier. Enfin
notre culasse peut
sortir librement.
Pour le remontage
après nettoyage,
l’opération
s’effectue’ de la
manière suivante :
introduire la
culasse mobile av c
le levier d’armement
dans le boîtier,
puis remettre en
place le percuteur
en appuyant sur la
queue de détente
pour qu’il se trouve
en position de
percussion, vient le
tour du ressort plus
son capotage et
enfin on revisse le
bouchon moleté.
Repousser la
clavette. A ce stade
la culasse doit
pouvoir fonctionner.
La dernière étape
consiste à
réintroduire le
mécanisme du bas et
à le solidariser au
boîtier de culasse
en remettant la vis
de fixation à sa
place. Si tout a été
fait dans les
normes, votre fusil
est de nouveau en
état de
fonctionnement.
Ne jamais forcer une
pièce mécanique de
votre arme pour lui
faire retrouver sa
place. Attention à
la casse!

Au tir avec ma
cartouche issue de
la 348 Winchester:
Je n’ai jamais eu le
moindre problème
avec cette munition
que je tire depuis
des années. Si elle
a été bien exécutée,
sa précision à 200 m
est bonne. Ces
fusils de guerre
d’un autre âge sont
devenus mes vieux
compagnons de stand.
Je tire à la poudre
noire depuis plus de
40 ans avec toujours
le même plaisir, la
même passion, en
éprouvant à chaque
séance de nouvelles
émotions. Amis
tireur qui comme moi
pratiquez cette
discipline me
comprendrez.
Ce petit article a
eu pour but de faire
découvrir à ceux qui
ne le connaissaient
pas, un de ces très
beaux fusils, à la
finition parfaite,
de la gamme des
Vetterli suisses,
qui furent en leur
temps les plus
modernes du monde.
Un souhait pour
conclure:
Je profite de ces
quelques lignes pour
faire part de mon
incompréhension au
sujet de la
classification de
ces vieux fusils
pour lesquels il
n’existe plus de
cartouches à travers
le monde depuis des
décennies.
Ces armes sont hélas
classées en 5è
catégorie, comme les
carabines de grande
chasse actuelles.
J’ai expliqué un peu
plus haut le travail
(de bénédictin) que
représente la
refabrication de
quelques cartouches
à poudre noires pour
faire revivre de
temps en temps ces
vieilles pétoires!
Avec des engins de
ce genre, la
République peut
dormi sur ces deux
oreilles. Pour cette
arme et pour
beaucoup d’autre, la
classification en 8è
catégorie serait
vraiment la
bienvenue.

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