Cette arme issue
des études de deux
ténors de
l’armurerie
helvétique, va
s’avérer être la
plus moderne de son
époque. Ce fusil a
12 coups à
chargement
ultra-rapide, laisse
en à peine quatre
ans notre Lebel très
en arrière, le
reléguant presque
dans la catégorie
des antiquités.
Le modèle suisse
1881 d’infanterie
sonne la fin de la
grande famille des
10,4 mm Vetterli. Il
sera bien évidemment
remplacé par une
nouvelle arme. Très
différente, et d’un
très grand
modernisme. Le
premier des
Schmidt-Rubin car
c’est bien de lui
dont il s’agit, il
n’aura pas fini
d’étonner le monde
lorsqu’il pointera
le but de son nez.
Vingt ans d’un
travail acharné vont
être nécessaires
pour y parvenir.
Je ne cache pas
avoir un petit
faible pour
l’armement suisse,
qui par son fini,
l’ingéniosité des
mécanismes, a
toujours été pour
moi un véritable
enchantement. Le
beau, la précision,
frisant constamment
la perfection, et
ceci dans tous les
domaines, ont
participé à travers
le monde à faire la
renommée de cette
petite nation.
A la fin de la
guerre de 1870-1871,
dans tous les pays,
on, recherche une
possibilité de
diminuer le calibre
des fusils. De très
nombreux ingénieurs
en armement
planchent sur ce
projet.
En Suisse, le
directeur de la
cartoucherie
fédérale de Thoune,
le major Rubin met
au point une arme
d’infanterie en
calibre 9mm. Ce
fusil tire une
cartouche
révolutionnaire pour
l’époque. La balle à
noyau de plomb est
chemisée en cuivre
pour éviter l’emplombage
du canon. Cette
chemise en métal
évite le calepinage
papier des ogives.
Les essais du fusil
ont lieu à la fin du
printemps 1881 avec
un succès
prometteur.
Encouragé par ce
nouveau projectile,
Rubin, chercheur
impénitent, continue
ses travaux sur des
armes en calibre
plus petit (8mm et
7,5 mm). Mais tout
est très vite
freiné, par la
poudre noire qui
encrasse l’intérieur
des canons, d’une
manière
catastrophique. Les
premiers coups tirés
sont excellents,
hélas très
rapidement au fur et
à mesure, les
groupements en cible
s’écartent,
dérivent, deviennent
aberrants.
Notre chercheur est
pourtant certain
d’avoir trouvé, il
est persuadé qu’avec
une » charge
propulsive, autre
que la poudre noire,
les fusils en petit
calibre s’avèrent
être un véritable
pas en avant pour
l’armement léger.
Il fait appel au
professeur Schönbein
à Bâle, inventeur du
fulmicoton, très
vite il comprend que
cette idée n’est pas
la bonne. Le
fulmicoton n’est pas
stable, sa
combustion n’est pas
régulière, beaucoup
de tireurs actuels
ayant lu un peu le
savent. Cette
matière diabolique
est la mort des
canons à brêve
échéance, sans
compter les
accidents provoqués
par le côté
terriblement brisant
de ce funeste
explosif.
Pendant ce temps, de
très nombreux
scientifiques à
travers l’Europe,
courent après ce
qu’ils pensent être
la panacée, mais
hélas les résultats
ne sont pas
satisfaisants, ils
se soldent par des
explosions
spontanées, par une
impossibilité
évidente de charger
des cartouches avec
de tels produits,
sous peine de grave
dommage pour les
hommes et pour le
matériel.
En France, un
ingénieur de
haut-rang:
L’ingénieur général
Paul Vieille
(1854-1934),
professeur de
physique à l’école
polytechnique de
1882 à 1916. Auteur
de plusieurs livres
sur la combustion
des matières
explosives. Il se
penchera aussi sur
les différentes
sortes de pressions,
plus ou moins
anarchiques dans le
domaine du tir. Il
va travailler
activement avec Marcelin Berthelot
(1837-1907). Ce
grand chimiste
poursuivait entre
autres à cette
époque, des
recherches sur la
thermochimie. A eux
deux, ils vont
mettre au point les
premières bombes
calorimétriques.
Mais un problème
hante Vielle, il
sait que tant qu’il
ne l’aura pas
résolu, rien ne sera
possible. A force de
travail acharné, il
va parvenir à ses
fins, en trouvant
enfin la possibilité
de stabiliser la
poudre. De là, tout
devient possible.
On attribua à Paul
Vielle la création
de la poudre dite «
B » en 1884.
Mais retournons
en Suisse:
L’armée a toujours
le fusil Vetterli,
modèle 1881 en 10,4
mm, avec son magasin
tubulaire et sa
cartouche chargée à
la poudre noire.
Le major Rubin
continue ses
recherches sur les
armes de petit
calibre, ses études
le conduisent après
de nombreux calculs,
à revoir de très
près l’accentuation
du nombre de rayures
ainsi que
l’accentuation de
leurs pas, pour
obtenir une
stabilité maximum de
ces nouveaux
projectiles, qui
s’avérèrent se
comporter au tir
d’une manière très
différente des
anciens calibres en
10,4 mm Vetterli,
d’un diamètre
supérieur.
Un nouveau système à
répétition modifié:
Une sous-commission
s’occupe de ce
problème. Rien n’a
encore été trouvé.
Rubin voudrait un
autre mode de
chargement plus
rapide que celui du
Vetterli à magasin
tubulaire. Il sait
très bien que ce
système est dépassé.
La marine américaine
est dotée d’un fusil
à magasin vertical,
placé sous la
culasse mobile.
Cette arme est
l’œuvre de James P.
Lee en 1879. Ce
magasin est très
rapidement copié par
l’Autriche en 1885
pour moderniser
l’armement léger de
cette nation.
C’est Mannlicher qui
est l’auteur de ce
plagiat, en lui
apportant cependant
une légère
modification. La
Suisse, elle aussi,
n’est pas en reste,
elle va suivre le
mouvement, avec un
magasin à forte
capacité (12
cartouches). Ayant
l’habitude, depuis
l’apparition du
premier Vetterli à
magasin tubulaire,
de 12 cartouches, il
n’était pas question
de restreindre la
capacité de ce futur
nouveau fusil.
Ce magasin est
solidaire de l’arme.
Il ne peut être
retiré pour le
rechargement. Il est
placé sous la moitié
avant de la culasse.
Sa forme est celle
d’une boîte
rectangulaire de 85
mm de long sur 55 mm
de haut et 20 mm de
large (voir photo).
La particularité de
ce dernier est qu’il
est débrayable, par
une pression du
pouce sur une sorte
de petit verrou
placé à cet effet
sous le haut du côté
droit dudit magasin.
La manœuvre consiste
à faire descendre ce
boîtier d’environ 5
à 6 mm pour le
neutraliser, et
garder en réserve la
totalité de son
contenu. Le fusil
est alors en
position du coup par
coup, à alimentation
manuelle. Pour tirer
les cartouches du
magasin, il n’y a
plus qu’à faire
l’opération inverse
sur le petit verrou
(très visible sur la
photo) et rendre de
nouveau le tir de
cette arme à
répétition. Pour
garnir le magasin,
il suffit de prendre
un chargeur de six
cartouches et
l’introduire dans le
boîtier de culasse,
puis appuyer avec le
pouce sur les
cartouches. Répéter
deux fois la
manœuvre, et en
quelques secondes le
boîtier est plein
(voir photo).
Je passerai sur les
nombreux fusils qui
furent testés par
les différentes
commissions
helvétiques, et n’en
garderai que les
deux principaux. Il
s’agit du
Schmidt-Rubin et du
fusil de la société
industrielle suisse
de Neuhausen (S.I.G.).
L’un comme l’autre
ils sont munis de
culasses rectilignes
très légèrement
différents.
Je voudrais ouvrir
une petite
parenthèse sur
l’appellation du
Schmidt-Rubin, pour
désigner ce fusil.
En 1885, le colonel
Rudolf Schmidt
proposait une
culasse à cylindre à
verrou, à mouvement
rectiligne, à
fermeture
hélicoïdale. L’Etat
fédéral est très
intéressé, et lui
garantit ses droits
par brevet et par
acte, le 2 février
1886. Cette nouvelle
culasse équipera le
modèle 1889. Le
Major Rubin, par
tous ses travaux sur
la réduction des
calibres, par
l’adaptation des
pas, des nouveaux
rayurages, pour le
tir des projectiles
chemisés, calepinés.
L’Etat jugera bon
d’associer les noms
de ces deux
infatigables
chercheurs, pour
nommer ce qui sera
bientôt ce fameux
fusil, le modèle
1889.
Je pense
personnellement que
ces deux grands de
l’armureries suisse
réunit en un seul a
été pour eux le plus
bel hommage que leur
pays pouvait leur
rendre.
Pour les Suisses,
la partie est
gagnée:
En 1887, deux
Suisses, Mr Schenker,
contrôleur en chef
de la cartoucherie
de Thoune, et un
chimiste Mr Amsler
fils, trouvent la
composition d’une
poudre à base de
nitro-cellulose, qui
a pour dénomination
« PC88 ».
Les essais de cette
nouvelle substance
propulsive s’avèrent
très bons, pour
l’armement léger.
Fini les
complications de la
poudre noire.
Cette nouvelle
poudre va s’avérer
être une des
meilleures du
moments. Deux ans
après cette
découverte la Suisse
aura la cartouche la
plus performante de
son époque.
Les derniers essais
des deux derniers
lauréats:
En juin 1889, les
deux fusils sont mis
en compétition
(environ une
centaine de chaque).
L’armée va les
tirer. Après de
longues
délibérations, le
fusil Schmidt-Rubin
est retenu, et entre
dans l’histoire à
l’unanimité, le 24
juin 1889. Il est
l’arme de guerre la
plus moderne sur le
marché
international.
Protégé par brevets,
lui et tous ses
descendants du même
système. La grande
famille des fusils
Schmidt-Rubin va
rester en service
dans l’armée suisse
pendant plus de six
décennies
(1889-1957). Le
dernier des Rubin
sera le K31 en
calibre 308
Winchester, ou 308
NATO (munition de
l’OTAN), une bien
longue carrière pour
une arme de guerre!
Actuellement dans
les stands de tir,
les K31 en 308 sont
des bêtes à points,
même à longue
distance, ces fusils
sont absolument
diaboliques. En très
bon état, en
première catégorie,
c’est à dire dans
leur calibre
d’origine, ils sont
les meilleurs sur
les pas de tir, dans
la catégorie armes
de guerre.
Fiche technique du
Schmidt-Rubin 1889
Désignation : fusil
Nationalité : suisse
Marque : fabrique
fédérale d’armes de
Berne
Modèle : 1889
Système : à verrou
et à répétition
Calibre du specimen
étudié : 7,5 mm
Capacité : 12 coups
Diamètre réel de
l’alésage à la
bouche : 7,54 mm
env.
Type d’alésage :
rayé - nombre de
rayures : 3 -
Profondeur des
rayures : 0,1 mm
Système de mise à
feu : à percussion
centrale
Type de mécanisme :
système
Schmidt-Rubin ;
culasse à verrou à
mouvement hélicoïdal
Longueur totale :
1302 mm
Longueur du canon :
780 mm
Montage du canon :
vissé à l’arrière et
tenu par une
grenadière et un
embouchoir en fer
Hausse : circulaire
à cadran sur queue
d’aronde graduée de
300 à 2000 m,
le cran de mire est
en « V »
Guidon : à lame à
déplacement
transversal,
porte-guidon fixe
Porte-baïonnette :
le tenon est sous
l’embouchoir
Baïonnette :
poignard à lame à 1
tranchant
Type de crosse : à
fût long
Poignée : droite
Bois de la crosse :
noyer
Matériau de la
plaque de couche :
fer
Fixation de la
plaque de couche :
deux vis
Poids à vide ; 4,900
kg
Date de production :
1889/90 -
numérotation 1 à
212000 - message des
chambres fédérales
du 19 juin 1889 ;
les chambres
adoptent le fusil le
24 juin 1889
Finition : toute
l’arme est bronzée
noir de guerre, à
l’exception de la
culasse mobile qui
elle
est polie blanc |
La fabrication des
1889:
La Suisse a toujours
été un pays
pratique. Pour la
mise en œuvre de ce
fusil, deux
solutions
s’offraient : la
première qui
semblait normale
était la fabrication
par l’intermédiaire
de la manufacture
fédérale d’armement.
La deuxième solution
était, comme dans
certains pays, de
faire exécuter les
pièces dans de
nombreux ateliers
privés. Pour des
raisons économique
la deuxième solution
va être retenue.
L’affaire est
astucieuse, une fois
les fusil
construits, l’Etat
n’aura pas sur les
bras des
machines-outils fort
onéreuses devenues
complètement
inutiles.
L’opération fut
rondement menée et
tout alla pour le
mieux, à part un
retard dans les
délais de
fabrication. Dans ce
programme, la
manufacture générale
n’eut que deux
taches à accomplir :
la vérification des
pièces fabriquées à
l’extérieur, et le
montage des armes.
Grâce au cahier des
charges draconien,
qui a été suivi à la
lettre, ces fusils
sont superbement
construits, la
finition est
remarquable, et
toutes les pièces
qui les constituent
sont
interchangeables
sans exception
aucune. J’ai eu
personnellement des
1889 état neuf entre
les mains, ainsi que
le spécimen qui fait
l’objet de cet
article. A chaque
fois j’ai ressenti
la même émotion
devant le fini de
ces fusils, avec une
pensée pour ces
ouvriers qui ont
donné le maximum
d’eux-mêmes pour
arriver à untel
résultat. Je suis
certain que beaucoup
d’entre vous,
amoureux des belles
armes, ont éprouvé
le même sentiment
que moi, devant ces
1889.
La dotation du
nouveau fusil:
« Vite et bien n’est
pas compatible » :
ce très vieux
proverbe est bien
connu de tous. Le
cahier des charges
liant l’Etat aux
sous-traitants était
très dur, certains
ateliers au début
eurent dans leur
fabrication des
problèmes
techniques. La mise
au point des
machines-outils pour
arriver à cette
perfection dont je
vous ai parlée plus
haut demanda plus de
temps que prévu, et
un certain retard
fit reculer
l’échéance conclue
entre les parties.
Ce retard eut pour
effet la dotation un
peu tardive de ce
fusil. Ce n’est
qu’en 1891 que les
premières armes
furent réellement
distribuées dans les
différents corps de
l’armée avec leurs
munitions.
La munition du 1889:
Cette cartouche va
s’avérer très vite
comme la meilleure
de son temps. Elle
est fabriquée à la
manufacture fédérale
de munitions de
Thoune. Possédant
quelques unes de ces
cartouches
d’origine, j’ai pu
relever leurs côtes
: le calibre de ce
fusil est donné pour
7,5 mais en réalité
il est légèrement
supérieur.
Après avoir démonté
l’une d’entre elles
voilà ce qui est
apparu : la douille
au collet 8,80 mm,
la douille au culot
12,5 mm, longueur de
la douille à gorge :
53,5 mm, la balle
est en plomb
chemisée d’acier de
forme
cylindro-hémisphérique,
avec calepin papier
sur environ les
trois quarts du
projectile, diamètre
du projectile avec
calepin : 8,10 mm,
diamètre du
projectile sans le
calepin : 7,80 mm,
poids du projectile
: 13,18 gr.
-La charge de poudre
est de 2 gr de PC88,
l’amorçage est
Berdan.
-Longueur totale de
la cartouche : 77,5
mm.

Aujourd’hui dans les
stands de tir:
Les Schmidt-Rubin
que l’on rencontre
le plus (je parle
d’arme en calibre
d’origine), sont
presque tous des K31
en 308 Winchester.
La cartouche en 7,5
suisse est quasiment
introuvable en
France, de plus le
rechargement de la
308 est très simple
comparativement à la
7,5 suisse.
Personnellement j’ai
tiré beaucoup avec
des K31 en 308,
obtenant des
résultat
formidables,
dépassant de très
loin les autres
armes à répétition.
Je vous en ai déjà
dit deux mots.
Pour les autres
Rubin, de la lignée,
on en rencontre très
très peu sur les pas
de tir; Le 1889 est
très rare et pour
cause!
Le 1889 au tir:
Avant toute chose,
il faut que je vous
entretienne d’un
problème qui a
écourté la vie du
1889.
Après sa mise en
service, on va très
vite s’apercevoir
d’un défaut grave,
dans la conception
de la culasse du
fusil. Cette
dernière est trop
longue, les deux
verrous de fermeture
devraient être
placés à l’avant du
cylindre et non à
l’arrière. Ce qui a
pour cause : 1°) une
grave faiblesse dans
la solidité de cette
culasse, la rendant
très dangereuse.
Avec une
surpression, elle
peut casser au
niveau du cylindre
avec tout ce que
cela comporte ; 2°)
je me suis rendu
compte qu’au tir,
avec les verrous
placés là où ils le
sont, l’arme subit
des vibrations
parasites
importantes. Ce
phénomène physique
est très simple à
comprendre. Au
départ du coup, la
douille placée dans
la cuvette de tir,
va exercer une
pression très
importante sur ce
long tube, qui est
l’extrémité de la
culasse. Cette
dernière n’étant
maintenue par rien,
forme sous la
pression des gaz un
léger arc, avant de
reprendre sa place.
C’est à ce moment là
qu’elle peut se
rompre sous une
poussée trop
importante.
En 1896, le fusil
subit des
transformations:
1°) diminution du
boîtier de culasse,
ainsi que la
réduction de la
longueur de la
culasse d’environ 2
cm ;
2°) les deux verrous
arrière seront
placés à l’avant du
cylindre.
Cette nouvelle arme
rendue beaucoup plus
solide va pouvoir
tirer une poudre
plus puissante (la
PC90) sans risque
d’accident.
Avec tout ce que je
viens de vous
expliquer, le tir de
ce fusil, de nos
jours, n’est pas
chose aisée, il est
plus une arme de
collection qu’une
arme de tir, de plus
les douilles de 7,5
suisse sont
pratiquement
introuvables.
J’ai expérimenté des
tas de rechargement
avec des balles en
plomb durcies, et
des charges de
poudre faible ; mais
hélas les résultats
n’ont pas donné ce
que j’espérai.
Après avoir fait
prendre l’empreinte
de la chambre, des
rayures du départ
ainsi que celles de
la sortie du canon,
je me suis rendu
compte que
l’intérieur du tube
avait une côte
bâtarde. Ce
spécimen, comme les
autres 1889, ont été
conçus pour le tir
de la balle avec
calepin papier,
graissé à la
vaseline, afin de
bien prendre les
rayures peu
profondes, et
d’éviter le
frottement de
l’acier de la
chemise de la balle
dans l’intérieur du
canon. Au moment de
mes recherches sur
le rechargement du
1889, je suis entré
en relation avec un
ami suisse qui m’a
fait parvenir 20
cartouches de sa
fabrication avec
calepin papier. Et
là, miracle, le tir
a été fabuleux. Ces
cartouches étaient
en tout point
semblables à celles
d’origine, sauf que
la balle en plomb
durci n’avait pas de
chemisage en acier,
et que la poudre du
chargement était de
notre époque. Le
moule pour balle à
calepin papier avait
été fabriqué à la
demande de mon ami
par un artisan de la
région de Bâle (cet
ami nous a quitté
quelques mois plus
tard en ce tuant
dans un accident de
voiture). Pour
conclure, n’employez
jamais, dans le
1889, des cartouches
avec des charges
destinées au K31, ou
même au 1911, vous
risquez l’accident
grave. Pour vous
amusez, vous pouvez
pratiquer des essais
avec des balles en
plomb durcies, sans
gas checks,
légèrement
supérieures au
calibre 30, en
employant des
charges de poudre
réduites avec
interposition de
dacron entre poudre
et balles plomb
durci graissées et
remises au calibre
de votre arme, cette
balle ne doit pas
être trop lourde,
maximum 145 grains.
Pour les puristes
argentés : il reste
le grand jeu, qui ne
peut être exécuté
que par un maître
armurier, qui se
chargera de trouver
un éventuel
fabricant pour vous
confectionner le
moule à balle au
côtes pour recevoir
un calepin papier.
Attention à ce type
d’arme rechambrée en
30 x 284, leur
chargement avec
balle plomb doit
être très modéré
(pas de balle
chemisée en contact
direct avec les
rayures de votre
1889), l’effet
serait désastreux ;
en deux coups de
cuillère à pot, vous
risquez de lavez
votre canon.
Amis tireurs, bon,
courage! |